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Le Miroir ( Zerkalo )

 
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Stebbins
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MessagePosté le: Jeu 29 Mai - 15:22 (2008)    Sujet du message: Le Miroir ( Zerkalo ) Répondre en citant

Le Miroir  
 
 
                                                                          
 
        
 
                  Réalisé par : Andreï Tarkovski  
             Avec :  Oleg Yankovsky, Anatoli Solonitsyne, Alla Demidova, Margarita Terekhova...  
             Genre : Oeuvre poétique, inclassable...Une expérience cinématographique.  
 
Synopsis :  Raconter Le Miroir ( du moins au sens classique on on l'entend, c'est à dire narrativement )est une tentative trop hasardeuse pour que je m'y risque. Ainsi, je me contenterai d'exprimer les émotions qu'il m'a procuré en essayant ( si j'y arrive ! ) d'analyser certaines images, certains sons ou certains souvenirs. Avant de commencer, je tiens à préciser que ma tentative d'analyse n'atteindra par le centième de ce que cette oeuvre d'Art véhicule comme interprétations en tous genres. Si vous n'avez pas encore vu Le Miroir, ne lisez pas la suite de ce texte et arrêtez vous maintenant pour le regarder ( au cinéma si cela vous est possible ). Sinon, vous pouvez continuer... 
  
Tentative d'analyse : Le film commence par une séance d'hypnose. Un bègue prend la parole, il se présente. Une magnétiseuse l'engage à suivre la démarche qui lui permettra de parler correctement... Dès les premières images, on assiste à une mise en abîme du cinéma, à un reflet du septième Art : l'ombre d'une perche et d'un micro apparaît au dessus du personnage du bègue. Andreï Tarkovski crée donc une distanciation et s'inscrit dans un cinéma de la représentation ( et non de la simple présentation naturaliste ). Il laisse parler ses acteurs et/ou ses personnages. 
Par la suite ( veuillez excuser mon passage du coq à l'âne, mais c'est pratiquement inévitable avec Zerkalo ), on découvre le personnage de la mère, joué par Margarita Terekhova. Je tiens à remercier à titre posthume Tarkovski pour son choix de casting qui s'est porté sur l'une des actrices les plus gracieuses, les plus émouvantes, le plus belles que le cinéma ait jamais proposé. A l'image de son chignon ( sa coiffure change d'une séquence à l'autre, mais je fais allusion à la séquence suivant le générique, lorsqu'elle rencontre le passant ), Margarita Terekhova et/ou son personnage est une figure complexe, singulière, à l'instar du chef d'oeuvre de Tarkovski : formée d'entrelacs, d'enchevêtrements... 
On voit ensuite de magnifiques images : Margarita trempant ses cheveux dans une bassine d'eau, le plafond d'une demeure s'écrasant au ralenti sur le parquet, ou encore une datcha se consummant à petits feux. Dès les vingts premières minutes, Tarkovski mêle et enmêle le passé et le présent, et ce par le biais d'un passage de la couleur au Noir et Blanc : qu'en est-il du temps dans le Miroir ? A mon avis, il demeure insaisissable, comme dans la vie : qui  n'a jamais voulu saisir l'instant présent ( au sens propre du terme, c'est à dire au sens de point précis sur la ligne du temps ) pour se rendre compte que finalement, c'est impossible ? Dans Le Miroir, tout s'enchaîne si harmonieusement que le présent est tel un poisson farouche que l'on n'attrape que trop tardivement. Il est surtout question de prendre du recul pour le spectateur... 
On retrouve dans Le Miroir la thématique élémentaire propre au cinéaste russe : le vent secouant un champ au début du film, le feu dévorant la datcha, la terre et ses végétations ( forêts, etc...), la pluie s'écrasant calmement contre la vitre de l'imprimerie. Cette thématique des éléments montre le désir de Tarkovski à vouloir capter le fond et la source des choses ainsi qu'un amour immodéré pour la nature. Par opposition, la culture est parfois traitée avec beaucoup d'ironie par le cinéaste. On peut relever l'exemple du souvenir du service militaire ( lorsque l'enfant roux effectue un tour sur lui même, après avoir suivi à la lettre les ordres de son supérieur ), ou celui de la séquence de l'imprimerie ( lorsque Margarita Terekhova se met dans tous ses états pour une simple affaire de coquille ). Ici, l'adulte est un enfant et l'enfant est un adulte... 
On peut également remarquer que certaines scènes sont filmées à la manière d'images d'archives, ou sont parfois des images d'archives ( celles du peuple chinois brandissant le fameux livre rouge de Mao. Au reste, ces images sont contemporaines au Miroir, film réalisé en 1974, et donc en pleine guerre froide ). Deux séquences sont filmées de la sorte : le départ des montgolfières et celui de la traversée des soldats dans un no man's land. La manière de les présenter comme deux faits historiques marque un désir chez Tarkovski d'encrer ces deux séquences dans un contexte précis en même temps qu'une volonté d'universaliser celles-ci ( par le biais du traitement poétique des deux séquences : pas de dialogues ; envolée lyrique avec musique classique au diapason ; dimension organique, charnelle, bruits de pas s'enfonçant dans la boue, etc...). L'association entre réalisme et poésie font de ces deux séquences un cocktail plein de charme... 
Venons en désormais à l'ultime séquence du Miroir, certainement la plus belle et la plus émouvante que le cinéma m'ait offert. On y voit une femme ( toujours Terekhova ) et son mari allongés près de la barrière séparant la maison des champs. Il lui dit, sur un ton placide : " Que préfèrerais tu ? Un garçon ou une fille ? ". Elle ne répond rien, détourne le regard et se met à pleurer. Cette ultime réplique ( la dernière du film ) prend toute sa beauté lorsque l'on voit la femme devenue grand-mère, se promenant dans les bois avec ses petits enfants. Plus de dialogues, seulement de la musique. Bref, un  dénouement sublime avec ce " je t'aime " totalement authentique, bien loin des " je t'aime " conventionnels que le cinéma à l'habitude de nous réserver. 
Voilà, ainsi se termine ma tentative d'analyse qui, je l'espère, ne ternira pas l'oeuvre du grand Tarkovski. Pour conclure une bonne fois pour toutes, je vous conseille de le revoir religieusement et de vous faire votre propre interprétation. Un chef d'oeuvre,s'il en est... 
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MessagePosté le: Jeu 29 Mai - 15:22 (2008)    Sujet du message: Publicité

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