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Critique d' Irreversible

 
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Stebbins
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MessagePosté le: Lun 28 Avr - 20:26 (2008)    Sujet du message: Critique d' Irreversible Répondre en citant

                                                                IRREVERSIBLE

                                                   
                                                        
         


                                                                           Réalisé par : Gaspar Noé
                                                        Avec : Monica Belluci, Vincent Cassel, Albert Dupontel
                                                        Philippe Nahon, Jo Prestia...
                                                        Genre : drame expérimental


Synopsis : Générique vacillant. Les noms de l'équipe du film apparaissent ensuite au rythme d'un tambour fatidique...
Première image : la facade d'un immeuble filmée par une caméra virevoltante...On entre ensuite dans l'intimité de deux taulards. L'un d'eux raconte avoir couché avec sa fille...
Non loin, une sirène de police se fait entendre. La caméra effectue un violent panoramique. Plongée totale en enfer : un homme, allongé sur un brancard, a le bras cassé. Il semble inconscient...
Des lascars l'insultent, pendant que les flics menottent un autre homme sortant d'un backroom.
On emmène l'homme au bras cassé dans une ambulance. L'autre dans la voiture des flics.
Le film est déjà fini. Mais auparavant, que s'est-il passé ?





Ma critique : Irreversible est une oeuvre bouleversante intégralement composée de plans-séquence. Bien entendu, tout le monde connaît directement ou indirectement ce film inclassable, suite au scandale qu'il a provoqué sur la croisette en 2002 ( la scène de viol est souvent ce à quoi l'on réduit Irreversible ). Noé signe un film s'apparentant à un trip qui prend aux tripes, un choc esthétique dont on ne peut ressortir indemne. Chaque séquence est un film à part entière possèdant son atmosphère, sa couleur, sa violence ou sa douceur...
Les premières images plongent le spectateur dans un espace horrifique : cellule de prison, ruelles sombres et boîte gay. En cela, la deuxième séquence d'Irreversible est probablement la représentation la plus magistrale d'un enfer terrestre dans le cinéma contemporain : plongée en apnée de dix minutes dans un backroom, caméra capricieuse suscitant le malaise accompagnée de la bande son d'un Thomas Bangalter plus inspirée que jamais ( râle perpétuel et assourdissant en parfaite harmonie avec les images ). On a même droit à l'apparition du réalisateur qui n'a vraisemblablement peur de rien puisqu'il se masturbe face à la caméra.
Le spectateur s'aperçoit au bout d'un certain stade que le film est montée à l'envers, que chaque séquence précède la suivante. Ce choix narratif est tout à fait pertinent dans la mesure où le film de Gaspar Noé parle de fatalité et d'inéluctabilité ( en ce sens, la première réplique du film prononcée par le boucher de Seul Contre Tous - Le temps détruit tout - est significative. On retrouve d'ailleurs la même phrase en épilogue...). Désormais on connaît les personnages : Marcus ( Vincent Cassel, qui trouve son plus beau rôle avec La Haine de Mathieu Kassovitz ) dont la femme Alex ( Monica Belluci ) vient de se faire violer, Pierre son meileur ami ( Albert Dupontel ) et le Ténia, objet de la vengeance d'un Marcus plein d'animosité.
Suite à ( ou plutôt avant, si l'on se place du point de vue de la chronologie des évènements ) la séquence du Rectum ( nom du backroom ), Marcus et Pierre partent en quête du Ténia dans les quartiers louches de Paris : ils rencontrent un chauffeur de taxi au bord de la crise de nerfs, des transsexuels, puis des voyous qui leur proposent de l'aide contre un peu d'argent.
Arrive ensuite la scène où Marcus découvre Alex sur un brancard, défigurée et dans le coma. Cette séquence est l'une des plus marquantes du film au niveau émotionnel. Un symbole évident apparaît : Alex et Marcus seront liés par leur destin commun ( en effet, les deux personnages seront conduits aux urgences suite à leur aventure réciproque )...
Arrive ensuite la fameuse scène de viol, probablement la scène la moins intéressante du film. Violence gratuite et quasiment indigeste (  jusqu'alors, la violence était justifiée puisqu'il s'agissait d'une vengeance ), mais toujours la même virtuosité de la part de Noé. Filmé à ras du sol comme pour évoquer la bassesse d'un tel acte, ce viol marque par son esthétique criarde et ses effets spéciaux stupéfiants. Après cette scène insoutenable, Irreversible change radicalement de ton...
Le plus beau plan-séquence du film arrive enfin, contrastant totalement avec ce que nous avons vu auparavant : Marcus, Alex et Pierre sont à une soirée. On danse, on boit, on tire un coup, on se drogue. Une telle insouciance ne présage rien de bon, mais le spectateur peut enfin s'apaiser. C'est pourtant la scène charnière du film de Gaspar Noé, celle qui montre le plus l'importance des choix et des actes de Marcus...
La scène du métro s'inscrit logiquement dans la continuité de la séquence précédente...Elle permet à Albert Dupontel de nous livrer un cours sur la sexualité désopilant. Son personnage apparaît comme sympathique et confondant de naïveté ( nous sommes désormais très loin de la scène de l'extincteur et du Rectum, dans laquelle Pierre s'acharne sur le prétendu violeur )...
Les 20 dernières minutes du film sont somptueuses. Baignant dans une lumière jaune et diffuse, Alex et Marcus paressent chez eux. Ils s'aiment, s'embrassent...La caméra est plus posée, beaucoup moins agressive. Nous sommes au Paradis ( Marcus mangeant une pomme tel un nouvel Adam...). Enfin Beethoven se fait entendre et Alex reste seule chez elle, de beaux projets plein la tête. La caméra s'envole jusqu'au parc des Buttes Chaumont et s'embarque dans un dernier tour de force technique. La tête à l'envers, le spectateur s'en prend plein la figure avec le stromboscope final...
Mais le temps détruit tout. Et ce qui finit bien pour nous finira mal pour les personnages.
Un chef d'oeuvre inclassable, laid puis beau, tourmenté puis reposant, horrible, drôle et tendre...
Une expérience inoubliable.
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MessagePosté le: Lun 28 Avr - 20:26 (2008)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Mer 24 Sep - 22:38 (2008)    Sujet du message: Critique d' Irreversible Répondre en citant

D'accord, un chef d'oeuvre. J'aurais aimé posséder un quart de votre intelligence et de votre sensibilité pour pouvoir apprécier cette merveille. Gaspard Noé est le dernier espoir du cinéma français.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:40 (2017)    Sujet du message: Critique d' Irreversible

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