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Critique du film Gerry

 
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MessagePosté le: Lun 28 Avr - 17:59 (2008)    Sujet du message: Critique du film Gerry Répondre en citant

                                                                    GERRY


                                                             
   


                                                    Réalisé par : Gus Van Sant
                                                    Avec : Matt Damon, Casey Affleck
                                                    Genre : poème épique, conte philosophique


Synopsis : Deux hommes. Une voiture. Le néant à perte de vue...
Gerry et Gerry s'offrent le luxe d'une petite balade dans le désert. Ils se dirigent vers une destination connue d'eux seuls. Arrivés à la hauteur d'un sentier de grande randonnée, ils marchent, confiants. Mais plus ils avancent et plus la végétation se rarifie, plus les cailloux et les rochers se ressemblent. Au bout d'un certain temps, ils se rendent à l'évidence : ils sont paumés. Seuls. Perdus.
La marche continue, les deux compagnons parlent peu. La faim, la soif, la solitude...
Et leur amitié se fissure...





Ma critique : Gerry est le neuvième film du génial Gus Van Sant. C'est une épopée hypnotique et fascinante, qui s'inscrit dans la trilogie de l'errance et la mort comprenant également le chef d'oeuvre Elephant et le magnifique Last Days. Mais Gerry est une oeuvre si radicale et expérimentale qu'elle se démarque totalement du reste de la filmographie du cinéaste américain. Le film est volontairement lent, accompagné de la déchirante musique d' Arvo Pärt et sublimé par la photographie naturaliste d'Harris Savides. De prime abord, il ne se passe pas grand chose, du moins si l'on se doit de rester cartésien : deux hommes, nommés tout deux Gerry, se promènent dans le désert et s'y perdent. Pourtant, Gerry est si riche que chaque visionnage révèle une nouvelle facette. Tout une mythologie de l'adolescence y est palpable, ainsi qu'une forte présence de symboles. A présent, tentons d'énumérer les différentes lectures de ce diamant noir...
Tout d'abord, nous pouvons remarquer que le motif du tee-shirt que porte Gerry ( Casey Affleck, evanescent ) représente une étoile jaune à cinq branches sur fond noir alors que le sweat-shirt violet de son ami Gerry ( Matt Damon, robuste ) représente une planète entourée d'anneaux ( Saturne ? ). Les deux amis se seraient-ils embarqués dans un voyage à travers notre galaxie, l'univers, l'absolu ? Sont -ils deux êtres déconnectés du réel ?
Ensuite, nous pouvons remarquer dans Gerry une référence au conflit israëlo-palestinien : en effet, l'étoile jaune de Gerry évoque la communauté juive alors que l'autre Gerry, le visage enturbanné de son sweat sous l'effet de la chaleur, symbolise la Palestine. Pour rendre compte de la détérioration de la relation qu'entretiennent les deux personnages, Gus Van Sant apporte une dimension politique et religieuse à son film : depuis maintenant 60 ans, l'Israël et la Palestine sont comme deux Gerry belliqueux. La forte connotation politique de cette oeuvre complexe la rend sublime...
Nous pouvons également penser à l'univers virtuel qu'inspire Gerry. En effet, le jeune Eric ( l'un des deux tueurs d' Elephant ) joue à un jeu vidéo dont le principe est simple : tirer sur deux cibles errant dans le désert. Cette mise en abîme prend tout son sens lors de deux séquences de Gerry. La première : celle où Gerry parle de sa conquête de Thèbes autour d'un feu de camp ( l'évocation d'un jeu vidéo est évidente, en même temps que l'aspect mythologique du dialogue ). La deuxième est cette séquence où le même Gerry se trouve perché au sommet d'un gigantesque rocher. Cette scène fait penser à un jeu de plate-forme ( frontalité, décors démesurés et personnages minuscules...). D'un bout à l'autre, Gerry et Gerry sont donc les acteurs d'un jeu vidéo taille réelle...
Enfin, le chef d'oeuvre de Gus Van Sant rappelle les Rapaces de Von Stroheim de par son final bouleversant. Un peu comme Mac Teague et son ami, nos deux héros sont liés par le désert et par la mort, jusqu'à l'étouffement ( en est-ce un d'ailleurs ? Le Gerry robuste semble presque embrasser son fragile jumeau...Il faut noter que l'homosexualité est l'une des principales thématiques du cinéma de Gus Van Sant ). Pour ainsi dire, il ne manque plus que la paire de menottes présente dans le film de Von Stroheim...
Ainsi se termine le voyage de deux êtres que tout rapprochait ( même nom, même âge et même destinée ) et que le désert, impitoyable, a séparé. Quand le générique arrive, le nom de Bela Tarr apparaît, et l'on se dit que c'est aussi un peu grâce à lui que l'on a eu le privilège de suivre ces deux paumés le temps d'un film ( le cinéaste hongrois a largement inspiré Van Sant pour sa trilogie )...
Sublime et inoubliable.
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MessagePosté le: Lun 28 Avr - 17:59 (2008)    Sujet du message: Publicité

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